Attention, marché de dupes

Fournisseur d'énergie

Voici ci-dessous l’article d’ELISABETH CHESNAIS de l’excellent magazine « QUE CHOISIR ».

Depuis la fin du monopole il y a deux ans, choisir son fournisseur de gaz ou d’électricité est un vrai casse-tête. Une campagne d’information va être lancée, gare à l’intox.

Préparez-vous à résister, l’offensive est pour bientôt. Fin octobre, le médiateur national de l’énergie et la Commission de Régulation de l’Energie vont lancer une grande campagne de communication sur la nouvelle donne du marché de l’énergie. Une première depuis l’ouverture à la concurrence de juillet 2007 qui  a signé la fin du monopole d’EDF sur l’électricité et de GDF sur le gaz. Le clou de l’opération ?

Un comparateur qui recense les offres des divers fournisseurs et permet de faire son choix en fonction de différents critères, en particulier les tarifs ou la proportion d’énergie renouvelables. Information objective du consommateur affirment les organismes. « Machine à faire quitter les tarifs réglementés », répond l’UFC-Que Choisir. Deux points de vue sans doute irréconciliables mais un constat partagé.

Le courant est très mal passé.

Le marché de l’énergie grand public s’est ouvert à la concurrence le 1re juillet 2007 et ça ne marche pas vraiment. Début 2008, l’Ifop avait questionné les consommateurs à la demande de la FNCCR, une association de collectivités locales spécialistes des services de l’énergie, de l’eau et des déchets. A 97 %, ils ne souhaitaient pas changer de fournisseur de gaz ou d’électricité.

Quant aux chefs d’entreprise qui expérimentent l’ouverture depuis plusieurs années, ils étaient seulement 3 % à se dire prêts à quitter l’opérateur historique. Pas fameux comme bilan.

D’après les derniers chiffres de la CRE, ça commencerait à bouger. Fin 2009, 3,5 % des ménages avaient quitté EDF pour un fournisseur alternatif en électricité ; chez Gaz de France 4,7 % avaient choisi un autre fournisseur en gaz. C’est loin d’être un plébiscite en faveur de la concurrence ! D’autant qu’il est impossible de connaître la proportion de ménages consentants et celle de personnes dupées. Mais les changements involontaires sont à coup sûr nombreux.

A Que Choisir, les témoignages sur les ventes forcées et les abus continuent à affluer. Nous avions dénoncé les démarchages et les racolages téléphoniques éhontés en 2008, leu ampleur n’a guère fléchi, excepté pour le gaz de France (GDF-Suez) qui a renoncé aux méthodes de cow-boy. De son côté, le médiateur de l’énergie, Denis Merville, a publié fin avril un rapport peu flatteur pour la profession. Sa compétence n’englobe pas les méthodes de vente, c’est bien dommage puisque les ventes forcées reviennent souvent dans les dossiers qui lui sont transmis, mais le tableau est sombre.

Opération séduction.

Elle va être centrée autour de du site www.énergie-info.fr, qui compare les offres d’énergie et invite notamment à cliquer sur « prix » ou « offre verte ». Que découvre-t-on alors ? D’une part, que les offres au prix de marché sont un peu moins onéreuses que le tarif réglementé chez les fournisseurs  alternatifs à EDF et GDF (à l’exception d’Enercoop) mais plus chère chez ces derniers. D’autre part, que l’électricité au prix du marché est plus environnementale que l’électricité au tarif réglementé.

Ce comparateur est donc un hymne aux fournisseurs alternatifs réglementés. L’ennui, c’est que ces deux vérité apparentes cachent un énorme leurre, celui des « offres vertes », et un immense piège, celui de la fin des tarifs réglementés. Commençons par les offres « vertes ». A parcourir les propositions des fournisseurs d’électricité, ils apparaissent tous, à l’exception d’EDF, exceptionnellement vertueux. Ils ne jurent que par l’électricité renouvelable.

Poweo, Direct Energie, GDF Suez, Planète Oui et les autres font des offres 100 % vertes. A croire que la France produit son électricité avec de l’éolien, du photovoltaïque et de l’hydraulique. Or la réalité, c’est 83 % de nucléaire, 9,5 % de centrales thermiques charbon, fioul, gaz, et 7,5 % de renouvelable en quasi-totalité en hydraulique. On est bien loin du tableau idyllique des offres « vertes ». C’est que verdir l’électricité est d’une simplicité enfantine et d’un coup dérisoire, il suffit d’acheter des certificats verts.

Ceux-ci garantissent que telle ou telle quantité d’électricité injectée dans le réseau a été produite à partir d’énergie renouvelable, soit à près de 100 % par les grosses centrales hydroélectrique. Les barrages étant anciens, ils sont amortis, ils fournissent un kilowattheure à bas prix et leur électricité est de toute façon injectée dans le réseau depuis longtemps. La rebaptiser « offre verte » est un joli coup marketing très rentable pour les fournisseurs mais un bel attrape-nigaud pour les clients.

La CRE emploie des termes choisis mais ne dit pas autre chose : « il s’agit pour le fournisseur d’une opportunité pour conquérir une part de marché à moindre frais. »

Pour enrober l’affaire, les professionnels s’engagent à investir en moyenne 2 € par mégawatheure dans les énergies renouvelables, c’est peu. Planète Oui y affecte 20 % de ses bénéfices, c’est déjà mieux. Mais les seules offres qui peuvent être vraiment qualifiées de vertes sans abuser le client sont celles qui correspondent à une production d’électricité renouvelables respectueuse de l’environnement (ce qui exclut les grands barrages) à hauteur des contrats engrangés. A ce jour, seul Enercoop développe cette stratégie.

Hausse des tarifs à l’horizon.

Le deuxième écueil du comparateur, c’est celui du prix. Quitter les tarifs réglementés de l’électricité peut faire gagner quelques euros à court terme, c’est incontestable. A plus long terme, en revanche, c’est la garantie de l’explosion des prix et leur alignement sur ceux des tarifs pratiqués chez nos voisins Européens. Or, si les consommateurs quittent massivement le tarif réglementé, celui-ci n’aura plus de raison d’être et sera rapidement supprimé par les pouvoirs publics.

C’est l’objectif de la directive européenne et l’intérêt des fournisseurs d’électricité. Une fois que ce garde-fou aura sauté, la hausse sera spectaculaire. Le seul moyen pour les consommateurs de l’éviter, c’est de manifester leur attachement au tarif réglementé en le conservant. Ce qui demande une vigilance certaine, car le piège du prix est aussi ailleurs. La campagne d’ «information » insiste sur le retour possible au tarif réglementé d’EDF quand on a souscrit à une offre de marché, mais cette réversibilité n’est que temporaire.

Le piège va bientôt se refermer. Ce retour est possible jusqu’au 30 juin 2010 à condition d’être passé au prix de marché au moins six mois avant. Sauf changement prochain de législation pas garanti du tout, ce sera donc impossible pour tous les consommateurs qui abandonneront le tarif réglementé au-delà du 31 décembre. L’enjeu est considérable pour les fournisseurs, ils vont accentuer la pression. Que Choisir recommande de redoubler de méfiance, de refuser le démarchage et de ne signer aucun document à la hâte s’il s’agit de fourniture d’énergie.

Conclusions :

Comme d’habitude, la désinformation continue, de la part du gouvernement actuel et du système. Le but de ces fournisseurs d’énergie est uniquement avoir une part du gâteau. L’écologie pour certain d’entre eux, n’est qu’un argument de vente. Nous vous recommandons, comme le fait, si bien l’article de Que Choisir, de ne pas changer de fournisseur d’énergie. La fin du prix réglementé et la hausse du prix seront inévitables. Comprenez bien, que nous seront tous perdants.

Une nouvelle fois, nous devons féliciter l’association UFC Que Choisir, qui défend très sérieusement les droits du citoyen et des consommateurs.

N’ayez pas peur de la vérité, mais plutôt du mensonge.

Si vous n’êtes pas avec nous, c’est que vous êtes contre nous.

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2 Réponses

  1. M.,

    Un démarcheur est passé ce soir chez moi pour me vanter les prix compétitifs de énergie-info.fr ; j’avoue que je suis perdue et je ne sais quoi faire et je ne veux pas être arnaquée.. Pour l’instant je suis à Gaz de France DolceVita. Que me conseillez-vous ?

    Dans l’attente d’une réponse , veuillez agréer, M. mes salutations distinguées.

    • Bonjour.

      La solution la plus simple et afin d’éviter de vous faire avoir, c’est de rester chez Gaz de France (normalement vous bénéficiez d’un contrat dont les prix sont régulés).
      Malheureusement ces prix ont tendance à augmenter mais ne peuvent pas subir une forte augmentation sans l’accord du gouvernement.

      Votre démarcheur ne désire qu’une seule chose, vous attirer chez lui et avoir une part du gâteau.

      Conclusion : restez chez gaz de France et surtout ne signez rien chez les concurrents.

      Cordialement.

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