Bonus CO2 : « L’imposture verte ».

Article extrait de l’excellent magasine : L’AUTOMOBILE MAGASINE N° 749.

Introduction :

Depuis sa mise en place précipitée et non concertée, le bonus – malus CO2 nous agace. Premièrement, parce qu’il se focalise sur l’automobile individuelle (18 % des rejets français de C02) et néglige le reste du transport routier (15 %) ou nos industries nationales (31 %). Et quitte à s’attaquer aux gaz à effet de serre – tel le CO2 –, pourquoi ce mutisme étatique sur le méthane ?

Son pouvoir de réchauffement global est 21 fois supérieur à celui du CO2 ! Il est vrai que l’automobiliste est plus facile à taxer que les flatulences bovines. Deuxièmement, parce que cette vignette réinventée sanctionne ou récompense à priori. La familiale moyenne, pour peu qu’elle recourt à l’essence et joue l’automatisme, est surtaxée, même si elle dort au garage cinq jours sur sept.

En revanche, la compacte diesel, qui abat un Lille – Moscou hebdomadaire, peut se trouver « bonussée » ! Troisièmement, parce qu’en 2008, cette esbroufe « écolo » fera se dilapider environ 200 millions d’euros de deniers publics (c’est-à-dire les nôtres) en bonus.

En effet, nos brillants gouvernants n’avaient pas imaginé qu’en frappant d’un malus certains modèles, ils en détourneraient les acheteurs. Il est vrai qu’à vivre en voiture de fonction, la notion de dépense automobile vous échappe vite.

Enfin, le bonus – malus nous incommode parce qu’il taxe la consommation, en occultant la façon dont le carburant est brûlé. Or, après des semaines de fastidieuses recherches et de lourds calculs, Christophe CONGREGA apporte la preuve que l’actuel bonus – malus CO2 n’aide pas à la dépollution.

Au contraire. Son enquête « explosive » révèle ainsi que ce système favorise, majoritairement, les diesels les plus basiques, dont l’ensemble des émissions polluantes passent tout juste les normes Euro IV. Ainsi, la traque au CO2 automobile, telle qu’elle est menée en France, accélère les émissions de particules solides du diesel.

Un comble ! Tant que le filtre à particule ne sera pas obligatoire, le bonus – malus – bérézina fiscale et peste économique (appauvrissement du commerce automobile, perte de recettes de TVA …) – restera surtout une imposture environnementale. Pathétique.

Les inepties du bonus – malus.

Plagiant Arlette, nous pourrions scander : « Automobiliste, on vous ment, on vous spolie ». Car nos mesures de pollution exclusive le prouvent, le bonus – malus n’a d’écologique que le nom et fait trop souvent la promotion de voitures parmi les moins propres.

Cette enquête exclusive n’a pas été simple à réaliser. En France, les mesures de pollution des automobiles sont, en effet, secrètes, les services de l’état refusant bizarrement de les divulguer. Alors, il nous a fallu aller piocher en Allemagne et en Angleterre, dans les bases de données d’organismes officiels d’homologation plus transparents (respectivement KBA et VCA), pour constituer un fichier fiable regroupant toutes les mesures d’émissions polluantes des voitures commercialisées chez nous.

La lecture des résultats, riche en surprises, est édifiante. Si tous les modèles vendus satisfont à la norme de pollution Euro IV (polluants divisés par 10 par rapport au début des années 1990), certains sont bien plus vertueux que d’autres. Ainsi, une Mercedes SL 63 AMG de 525 ch « malussée » de 2600 Euros) se révèle, en réalité, plus propre qu’une Citroën C1 de 69 ch (« bonussée » de 750 Euros).

Et une BMW 330d boîte automatique de 245 ch (malus de 200 Euros) émet nettement moins de polluants qu’une Smart CDI de 45 ch (1000 Euros de bonus)… Décidément, il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce bonus – malus soi-disant écologique. D’autant que ces exemples ne constituent pas des exceptions. Il suffit de jeter un œil au classement pollution des véhicules annoncés comme étant les plus propres par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (voir Automobile magasine numéro 749 d’octobre 2008), car produisant le moins de CO2.

Parmi eux, les essences « bonussées » descendent majoritairement en milieu des tableaux, tandis que les diesels, encore trop souvent dépourvus de filtre à particules (FAP), se situent entre la 600e et la 800e place (sur 939). On nous aurait menti ? Depuis son annonce, il y a maintenant presque un an, nous n’avons cessé de dénoncer les graves incohérences de ce bonus – malus, qui ignore les vrais polluants pour ne s’intéresser qu’au CO2.

En effet, même si nous sommes tous convaincus qu’il faut diminuer nos émissions de gaz carbonique d’origine fossile, pourquoi pénaliser à priori les véhicules qui consomment beaucoup (les émissions de CO2 sont directement proportionnelles à la consommation), sans savoir quel kilométrage ils effectuent annuellement ?

La Clio diesel « bonussée » d’un représentant de commerce qui parcourt 30000 km par an n’émet-elle pas, au final, davantage de CO2, mais aussi de polluants, qu’une Ferrari qui n’effectue que 2000 km ? En réalité, la véritable taxe CO2 parfaitement équitable existe depuis déjà longtemps. L’ex-TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers), récement rebaptisée TIC (taxe intérieure sur la consommation), nous ponctionnent de 60,7 cts/l pour le super, et 42,8 cts/l pour le gazole, et s’avère en grande partie responsable des prix élevés à la pompe.

Mais parce que l’on consomme, donc ce que l’on émet réellement dans l’atmosphère, elle est juste. Et elle se montre déjà redoutablement efficace pour diminuer les émissions de CO2 : parce que le carburant coûte de plus en plus cher, les automobilistes roulent moins depuis deux ans. Ils s’orientent naturellement vers les voitures les plus sobres, d’où le succès toujours croissant des diesels. Une tendance que le bonus – malus a accentué au-delà du raisonnable (+ 43 % sur les ventes de voitures avec bonus), amenant la part des diesels à près de 80 % des immatriculations de voitures neuves depuis le début de l’année.

Un impact sur les ventes si mal anticipé par nos gouvernants que le bonus – malus, conçu à l’origine pour être autofinancé, afficherait près de 200 millions d’Euros de déficit pour 2008. Alors plutôt que de changer les règles en cours de jeu pour des raisons purement économiques (le gouvernement envisage de diminuer de 10 g/km les seuils d’application du dispositif pour rééquilibrer les montants de bonus et de malus), les services de l’état feraient mieux de consulter leur fichier désormais plus aussi « secret ».

Et de conditionner également l’attribution du bonus aux mesures de polluants, en commençant par prendre en compte la présence du filtre à particules sur les modèles diesel. L’économie y gagnerait au moins autant que l’écologie, si la prime d’Etat servait à financer un dispositif technique propre, mais inévitablement coûteux. C’était bien le but initial, non ?

Christophe CONGREGA.

Conclusion personnelle :

Difficile de conclure sur un tel sujet.

Encore une fois nous découvrons l’incompétence de notre gouvernement actuel.

Des décisions rapides, sans réflexions, sans concertations, juste des annonces médiatiques.

N’ayez pas peur de la vérité, mais plutôt du mensonge.


Si vous n’êtes pas avec nous, c’est que vous êtes contre nous.

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