Dérapages incontrôlés !

Introduction.

Le coût de certains médicaments qui ne sont plus pris en charge par l’assurance maladie a beaucoup augmenté. La faute aux laboratoires, qui profitent de la libération des tarifs, mais également aux pharmaciens, qui prennent une marge sur la vente de ces spécialités.

Cela a été une très mauvaise surprise pour les patients. Depuis le 1er janvier dernier, le prix de certains médicaments d’usage courant a fortement grimpé. Par exemple, le Dalton 500 mg, très utilisé pour soulager les jambes lourdes et auparavant commercialisé 5,51 Euros la boîte, coûte désormais, au bas mot 7,50 Euros, quand ce n’est pas 8, voir 9 Euros, en fonction des pharmacies. Il a donc subitement augmenté de 35 % minimum. Le déremboursement de 168 produits est à l’origine de cette inflation, les pouvoirs publics estimant qu’ils ne sont plus assez efficaces comparés à d’autres spécialités.

Conséquence, même si les médicaments concernés sont prescrits par un médecin, ils ne sont plus du tout pris en charge par l’assurance maladie. Effet immédiat : la TVA qui leur est appliquée passe mécaniquement de 2,1 % à 5,5 %. Mais surtout, leur prix n’est plus administré. Il échappe totalement au contrôle du Comité Economique des Produits de Santé (CEPS). Fabricants, grossistes et pharmaciens n’ont plus de contraintes. En d’autres termes, ils peuvent s’en donner à cœur joie.

Les laboratoires se lâchent.

Et ils ne se sont pas gênés ! D’après la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France (FSPF), ce sont les laboratoires qui ont eu la main lourde. Témoin le bond des « prix catalogue » constaté par les officines à partir du 1er janvier 2008. Illustration extrême : la version sirop du Pneumorel, un antitussif, vendue aux pharmaciens 0,88 Euro en octobre 2007, leur est aujourd’hui facturée 3,47 Euros. Soit une bascule plutôt impressionnante de 294 %. En comparaison, les autres hausses sont presque anodines. Mais bien réelles. Ainsi, l’Hirucrème (traitement des hémorroïdes) a pris 88 % et le Difrarel (un veinotonique) a pris 70 %. Le Cyclo 3 fait figure d’exception dans cette dernière famille puisque son prix a baissé de 13 %.

Ce comportement des firmes pharmaceutiques n’est pas une première. Déjà en 2006, à l’occasion d’une précédente vague de déremboursements, elles en avaient profité pour revoir « opportunément » certains prix. Les collyres, en particulier, s’étaient distingués, puisque l’un d’entre eux avait littéralement flambé de 371 %. Autre exemple, l’Euphytose (sédatif doux à base de plante) avait vu son tarif de vente aux pharmaciens passer de 3,29 à 4,15 Euros.

Et même si le gouvernement applaudit à l’absence de « hausse généralisée des prix », les laboratoires n’en demeurent pas moins pointés du doigt. Pour leur défense, ils font valoir que pendant de longues années, les tarifs de leurs spécialités ont été artificiellement maintenus au plus bas par les pouvoirs publics. « Ce n’est pas faux, admet Philippe BESSET, responsable de la commission « économie de l’officine » à la FSPF. Les arguments des fabricants sont recevables. Si on regarde le prix de certains médicaments dans d’autres pays d’Europe, on constate qu’ils sont souvent bien plus élevés ». Il s’agit également, pour les industriels, de compenser le recul des prescriptions qu’entraîne systématiquement le déremboursement.

Les pharmaciens se sucrent.

Alors juste retour à la normale, la hausse brutale des médicaments non remboursables ? Pas si simple. D’abord parce que les laboratoires ne sont pas à plaindre. Ceux qui produisent les médicaments non remboursables ne font certes pas parties des firmes lucratives, mais leur situation est loin d’être catastrophique. Autre objection, selon Philippe BESSET : « il est délicat, dans le cadre d’une affection chronique comme une maladie veineuse (jambes lourdes, varices, gonflement des pieds …) soignée par les veinotiniques, d’exiger du client qu’il débourse plus de 10 Euros par mois. » Et pourtant …

Un effort de modération est donc souhaitable, et implique un peu de bonne volonté de la part de chacun des acteurs. Y compris des pharmaciens. Car ils ont leur part de responsabilité dans le niveau actuel des prix : bien sûr, ils sont obligés, pour ne pas y perdre, de répercuter les hausses décidées par l’industries du médicament. Mais ils se ménagent évidemment une marge, en appliquant au tarif « grossiste » un coefficient de leurs choix, variable selon les officines. Ce qui explique les différences parfois importantes d’une pharmacie à une autre, que peuvent également amplifier des remises accordées par le fournisseur aux plus grosses enseignes.

L’usager est tondu.

Au final, le consommateur est le grand perdant de cette valse des étiquettes. Non seulement les médicaments ne sont plus couverts par l’assurance maladie, mais en plus, le coût de certains d’entre eux augmente fortement. Il est d’autant plus difficile de s’y retrouver que comparer les prix n’est pas tâche aisée, pour des raisons évidentes. Dans les régions isolées, il n’y a pas beaucoup d’officines, donc pas de choix. En ville, les médicaments sont disposés derrière les comptoirs, et leur prix n’est pas toujours visible.

La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) avait d’ailleurs, au cours de l’année 2006, répertorié de nombreux manquements à l’obligation d’affichage des prix et d’étiquetage des médicaments non remboursables dans les pharmacies.

La décision du gouvernement d’autoriser les pharmaciens à mettre les médicaments non remboursables à disposition des clients, sur le modèle des produits de parapharmacie, favorisera certainement la comparaison des prix. La mesure pourrait se traduire par une certaine retenue de la part des pharmaciens. Le ministère de la Santé attend de cette petite révolution une réelle baisse des prix. L’expérience, qui doit débuter prochainement, dira s’il a raison de compter sur le jeu de la concurrence et la bonne volonté des professionnels. De son côté Miche-Edouard Leclerc, patron des grandes surfaces du même nom, s’est engouffré dans la brèche, demandant, à grand renfort de publicité, à ce que les médicaments non remboursables puissent être vendus dans les supermarchés, au rayon parapharmacie. Il assure pouvoir pratiquer des prix bien en dessous de ceux des officines. La promesse inverse eût été étonnante.

Conclusion.

La situation est simple. Tout d’abord dé-rembourser certains médicaments permettra uniquement aux riches de mieux se soigner.

Ensuite le but recherché est très clair. Libéraliser le prix des médicaments et augmenter le chiffre d’affaire des fabricants des produits pharmaceutiques. Personne ne peut dire le contraire.

Autoriser d’autres enseignes (supermarchés et hypermarchés) de vendre aussi les médicaments ne permettra pas de faire baisser leur prix. Bien au contraire, ces magasins désirent uniquement une part du gâteau et rien d’autre.

Constater l’évolution des prix des produits courants qui n’ont jamais baissé quelque soit le nombre de magasin. Peut être que vous comprendrez.

Soyons sérieux, est-il tolérable de faire du bénéfice sur le malheur des gens ? Augmenter son chiffre d’affaire sur le dos des malades ? Bien entendu que non !

Il ne faut pas oublier que des gens se sont battus et sont morts pour que nous ayons cette protection sociale, cette égalité que le gouvernement veut tout simplement supprimer.

Nos ancêtres sont-ils morts pour rien ? Nous commençons à le croire.

Nous remercions l’excellent, sérieux et enrichissant magasine mensuel « Que Choisir », d’où sont extraites ces informations. Une Association qui défend honnêtement les droits des citoyens.

N’ayez pas peur de la vérité, mais plutôt du mensonge.

Si vous n’êtes pas avec nous, c’est que vous êtes contre nous.

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2 Réponses

  1. Chapeau!
    c’est la vérité, mais comment peut on démasquer ces fraudes là??

    • Merci pour votre remarque.
      N’hésitez pas à nous contacter.
      Nous sommes une association et nous publierons bientôt nos coordonnés.

      Vive la vérité.

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