Un climat de guerre

Voici ci-dessous une brève rencontre avec Gwynne Dyer extrait de l’article de Jean-Gabriel FREDET de l’excellent magazine «Le Nouvel Observateur».

Gwynne Dyer est l’auteur du livre « Alerte. Changement climatique : la menace de guerre » aux éditions Robert Laffont. Nous vous recommandons vivement de le lire.

Le réchauffement climatique porte la guerre. C’est la thèse du polémologue canadien Gwynne Dyer, enseignant à Sandhurst, le Saint-Cyr anglais, qui publie avec précision effrayante les scénarios les plus crédibles d’ici à 2045, sur les différents points du globe, en fonction des degrés d’élévation des températures.

De tous les scénarios catastrophes, quel est le plus plausible ?

Tous. Voyez les Etats-Unis. Menacés d’une crise alimentaire aiguë par la sécheresse, due au réchauffement, l’immigration des habitants d’Amérique centrale et du Mexique va s’intensifier vers les Etats-Unis, lesquels voudront probablement fermer leurs frontières.

J’ai parcouru les 3 000 kilomètres de la frontière entre les deux pays avec les barbelés, les chiens, les rangers : pour l’instant elle est poreuse, mais au Pentagone, des militaires de haut rang m’ont expliqué qu’ils étaient prêts à tirer si le congrès le leur demandait. Sachant que 15 % de la population américaine est d’origine « latino », comment réagiront les « cousins » déjà installés ?

On risque une crise sociale à l’intérieur des villes. La perspective d’une accélération de fonte des glaces de l’Arctique est tout aussi effrayante. Les spécialistes que j’ai rencontrés à Moscou – généraux, politiques – sont obsédés par l’éventualité d’une confrontation entre la Russie et les pays de l’Otan pour l’accès aux richesses des fonds sous-marins du plateau continental (poissons, gaz, pétrole).

Autre danger : l’affrontement pour l’eau entre l’Inde et le Pakistan. A New Delhi, l’état-major de l’armée indienne travaille sur les risques de conflits transfrontaliers. Avec le réchauffement et la diminution du débit des fleuves, l’eau nécessaire à l’irrigation va devenir de plus en plus rare. Or l’Inde contrôle en amont l’Indus et la majeure partie du réseau hydrographique qui prend sa source dans l’Himalaya. Il y a là un germe de conflit ouvert entre deux pays possédant l’arme atomique.

Vous évoquez une nouvelle menace : l’éco-terrorisme, avec la fiction d’un attentat contre l’EPR de Penly…

Le mouvement écologiste est en train de se diviser sur la question nucléaire. Certains pragmatiques, comme Al Gore, s’y rallient au nom de l’absence d’émission de CO2. Les autres se radicalisent et peuvent être tentés par l’action directe.

Il y a enfin le risque démographique…

Nous y sommes déjà. Il y a aujourd’hui 6,7 milliards d’humains. On en prévoit 9 milliards en 2050. Globalement, nous sommes capables d’augmenter nos ressources, mais nous risquons une destruction de la planète par une utilisation intensive des ressources combustibles. Nous consommons tant que notre planète devrait être de 30 % plus vaste pour subvenir durablement à nos besoins. Mais si nous réussissons à surmonter le réchauffement, la population devrait plutôt se stabiliser jusqu’à 4 à 5 milliards.

Optimiste ou pessimiste ?

Il y aura sûrement de petites guerres, des réfugiés climatiques, des Etats acculés à la faillite à la suite des famines, des sécheresses ou des engloutissements de territoires engendrés par le réchauffement climatique. Mais je suis plus optimiste qu’il y a deux ans car les conditions pour s’attaquer au problème sont idéales : nous disposons d’un embryon de gouvernance internationale et les risques d’une guerre générale sont à priori inexistants. Mais pas de demi-mesures : il faut faire machine arrière dès maintenant et « décarboniser » systématiquement nos économies.

Conclusions :

Depuis que l’homme est « homme », il s’est fait la guerre. L’homme est un loup pour l’homme, rien de nouveau sur ce point là. Tous les prétextes sont bons. Cette guerre pour l’énergie fossile a déjà débuté, depuis bien longtemps et il va s’amplifier. Il est impressionnant de voir à quel point l’humanité a saccagé son propre habitat. Tout simplement pour s’enrichir et le profit. Dans certains pays, la vie d’une espèce protégée vaut plus chère que la vie d’un être humain. Quelle honte !

N’ayez pas peur de la vérité, mais plutôt du mensonge.

Si vous n’êtes pas avec nous, c’est que vous êtes contre nous.

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